"C'était un brouillard pernicieux que l'on appelait drap mortuaire des savanes, d'où Abymes... " Père Labat, en 1696. Un territoire gagné sur l'eau. Une région marécageuse, particulièrement insalubre autrefois. Les travaux d'assainissement, après le cyclone de 1928, ont fait de cette commune la plus grande et la plus populeuse de toutes les communes de la Guadeloupe. Limitée par Pointe-à-pitre et Le Gosier au sud, la Rivière Salée à l'ouest, Morne-à-l'Eau au Nord et Sainte-Anne à l'est, elle abrite une population deux fois plus nombreuse que celle de Pointe-à-pitre. La vocation agricole de la commune s'est affirmée dès le XIXe siècle autour de la culture du sucre, du café et du cacao. Mais les facteurs d'ordre socio- économiques ont peu à peu transformé les Abymes. C'est sur son territoire que s'est implanté l'aéroport du Raizet (en 1950), et de nombreux équipements médicaux, socioculturels et sportifs lui donnent une vitalité de cité moderne sans qu'on ait condamné pour autant sa vocation première qui reste l'agriculture. Le monument aux morts de la commune en particulier, dédié à Félix Eboué (1er gouverneur noir de la Guadeloupe), est l'un un des plus originaux des Antilles françaises. On visitera avec intérêt la chapelle du Morne-du-Calvaire. La mangrove occupe encore 1 /7 de la commune. L'Office National des Forêts y a tracé un circuit pédestre de découverte de la nature. C'est un milieu semi-aquatique, semi-végétal, dont la faune et la flore sont particulièrement riches et qui ne manque ni de charme, ni de mystère. Qu'on se souvienne aussi que ses voûtes ont protégé les Caraïbes et les "nègres marrons" de l'adversité.